Le fonds de recherche Enerbio
La Fondation Tuck a entrepris une diversification de son périmètre d'intervention en développant des actions de mécénat au profit d'activités de recherche, et en utilisant les opportunités offertes par la loi en faveur du mécénat et des fondations du 1er août 2003.
Cette diversification s'est traduite notamment par la création d'un fonds de recherche dédié , destiné à financer des projets de recherche exploratoire visant la réalisation d'une oeuvre d'intérêt général, sans but lucratif et à caractère d'utilité publique. Ces projets sélectionnés par appels d'offres sont opérés par des industriels et des organismes de recherche français et européens.
Le fonds Enerbio, relatif à la valorisation de la biomasse, a été mis en place grâce au concours de 4 mécènes industriels : Axens, Diester Industrie (Sofiproteol), Renault et Total.
Le fonds est constitué de 3,5 M€ de dons des mécènes industriels et bénéficie d'un abondement complémentaire de l'État à hauteur de 1,1 M€.
Sur la base des priorités définies par les 4 partenaires industriels, le fonds organise des appels à projets afin de sélectionner des actions qui seront soutenues.
Objectif du fonds de recherche Enerbio
L'objectif général du fonds dédié "Enerbio" consiste, à travers des études prospectives et des recherches exploratoires, à identifier et contribuer à développer des filières innovantes et compétitives de valorisation de la biomasse en énergie et/ou carburant et/ou bioproduits à moyen terme (> 2010) et long terme (> 2020).
Il s'agit aussi d’encourager la coopération entre les équipes de recherche européennes impliquées sur ces thématiques.
La France et l’Union Européenne, comme beaucoup d’autres pays, sont confrontées aux défis du futur énergétique :
Face à ces défis, il n’existe pas de réponse unique, complète et globale. Un consensus se dégage pour reconnaître deux premières pistes incontournables : la diversification de l’offre énergétique et le développement de l’efficacité énergétique. Parmi les options de diversification des sources primaires d’énergie, le recours aux énergies renouvelables présente l’avantage de répondre également à l’objectif de baisse des émissions de CO2. La biomasse qui constitue la première source d’énergie renouvelable de la planète (elle fournit 12 % de la consommation d’énergie primaire contre 3 % pour l’hydro-électrique) présente le plus fort potentiel de hausse des énergies renouvelables. Ainsi, l’Union Européenne ambitionne d’augmenter d’ici 2010 la part des énergies renouvelables de 6 à 12 %, principalement en doublant la contribution de la biomasse* de 4 à 8 % . La part d'électricité d'origine renouvelable de l’Union Européenne doit passer de 14 à 21 % d'ici 2010, et les biocarburants devraient atteindre 5.75 % de la consommation de carburants. L'utilisation accrue de biomasse est incontournable pour réaliser une telle évolution.
* Source: “Biomass Action Plan”, Communication de la Commission Européenne, décembre 2005.
Si le processus de production et récolte mis en oeuvre pour la biomasse utilisée est durable, le CO2 absorbé par la plante par photosynthèse retourne à l’atmosphère au cours de la combustion du biocarburant ou bio-combustible. Ainsi, la combustion de biomasse est considérée comme une source d’énergie non émettrice de CO2. En pratique, les biocarburants et bio-combustibles produits et utilisés à échelle industrielle nécessitent une consommation d’énergie pour leur production, récolte, transport et conversion : en fonction des itinéraires culturaux des filières de production de bio ressources et des procédés de conversion, la réduction d’émission de gaz à effet de serre par rapport à un usage équivalent à partir d’énergie fossile peut varier considérablement. Il est donc essentiel d’identifier et de favoriser le développement des filières les plus efficaces vis à vis de l’objectif de baisse des émissions de gaz à effet de serre.
Dans le domaine du transport, dépendant en Europe à 98 % du pétrole, la Commission Européenne a fixé un objectif de 5,75 % pour la part des biocarburants d'ici 2010 et envisage un taux de substitution de 20 % de carburants d’origine fossile par des carburants alternatifs, d’ici 2020, dont plus de 10 % par les biocarburants.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, différentes options sont possibles et il sera sans doute nécessaire d’en combiner plusieurs :
Certains objectifs visés pour les biocarburants rejoignent ceux qui doivent être pris en compte pour la co-production d'électricité et de chaleur à partir de biomasse:
Par ailleurs, il est nécessaire également d'analyser des options combinant la production d'énergie et de biocarburants, ainsi que de co-produits valorisables en chimie.
Une meilleure valorisation de la biomasse, à travers des utilisations performantes dans le domaine de l'énergie, concerne également les pays émergents et les pays du sud. Développer des technologies performantes et économiques dans le domaine de la transformation de la biomasse peut contribuer à mieux assurer la fourniture d'énergie nécessaire au développement de ces pays, tout en facilitant leur contribution à une amélioration du bilan global en CO2 et en favorisant le dialogue nord-sud.
Enerbio est susceptible de financer différents types de travaux :
A/ études technico-économiques et prospectives, comme par exemple :
B / recherches exploratoires et de base, comme par exemple :
C/ Communication et information
Positionnement du fonds Enerbio
Enerbio se positionne en amont et en complémentarité des différents programmes de R&D français et européens tels que les pôles de compétitivité, l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), l’AII (l’Agence de l’Innovation Industrielle), l'AGRICE (GIS Agriculture pour la Chimie et l'Energie), les Programmes Cadres de Recherche et Développement (PCRD)…. Leur positionnement est schématisé ci-après.
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Le fonds Enerbio prend en compte l'existence et l'acquis de ces grands programmes, et vise un rôle complémentaire d'orientation en amont. Il s'agit, dans le cadre d'Enerbio, d'initier et de préparer des actions, qui pourront ensuite bénéficier de l'appui d'un ou plusieurs des programmes en place.
Enerbio a ainsi un double rôle transversal :
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« Enerbio mène des travaux exploratoires, s'appuyant sur une recherche amont, mais en veillant à dégager toutes les opportunités d'une mise rapide sur le marché. Enerbio peut ainsi préparer des programmes qui seront ensuite développés dans le cadre de l'ANR, de l'AII et des pôles de compétitivité. |
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Enerbio offre la possibilité de soutenir des actions avec des partenaires de différents horizons géographiques. Il facilite ainsi la liaison avec les grands programmes européens et internationaux et l'accès aux meilleures équipes de recherche européennes. |